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CERN (Francais) | Geneva | Switzerland

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Les femmes en physique: où en est-on?

Bien des efforts ont été déployés pour réduire l’écart hommes-femmes en physique, là où elles sont encore en minorité. Mais est-ce que la situation évolue ? En fait, oui, et de façon très encourageante.  Mais le nombre de femmes n’est pas le seul aspect à considérer.

CERN est une organisation internationale où très exactement 15000 personnes y travaillaient, du moins le 11 septembre 2012. La grande majorité, soit environ 11200 scientifiques sont des « utilisateurs », des gens payés par leur propre instituts et venant de 69 pays différents.

Avec près de 2000 auteur-e-s scientifiques issus de 176 instituts et 38 pays différents,  la collaboration ATLAS offre un bon échantillon pour étudier la situation des femmes physiciennes. Cela donne même une bonne idée sur comment la situation évolue dans les pays membres.

En 2008, la fraction de femmes dans ATLAS était de 15.6%. Quatre ans plus tard, ce pourcentage atteint 19.9% des 1952 auteur-e-s et membres actifs signant les publications scientifiques. La moitié de ces femmes ont moins de 36 ans tandis que seulement le tiers des hommes sont dans cette tranche d’âge. Et sous la barre des 30 ans, on retrouve 30% de femmes, ce qui montre bien que de plus en plus de femmes entament une carrière en physique.

On peut étudier les proportions de femmes suivant leur nationalité ou leur affiliation. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : certains pays membres d’ATLAS comptent beaucoup de physiciennes, d’autres beaucoup moins. Certains embauchent en proportion plus de femmes qu’on en trouve venant de ce pays. Ceci semble indiquer que ces pays n’arrivent pas à attirer autant de femmes vers la physique.

Voici la liste pour les pays membres d’ATLAS. Seuls ceux comptant plus de 1% de tous les gens d’ATLAS (20 personnes) sont vraiment représentatifs, l’échantillon étant trop petit autrement. La deuxième colonne donne la fraction d’auteurs embauchés par ce pays. J’ai aussi inclus le CERN et JINR (Joint Institute for Nuclear Research) de Dubna, deux grands laboratoires internationaux. La troisième colonne donne la proportion de femmes embauchées par tous les instituts d’un pays et la dernière colonne la fraction de femmes parmi tous les gens de même nationalité. Par exemple, je suis Canadienne mais je travaille pour l’Indiana University, un institut étatsunien. Je suis donc classée sous Etats-Unis pour l’affiliation et sous Canada pour la nationalité.

Il est aussi bien intéressant d’ordonner cette liste par pays où l’on embauche la plus grande fraction de femmes (par affiliation). Je n’ai inclus que les pays ayant plus de 14 personnes travaillant sur ATLAS. Plusieurs pays européens se retrouvent en tête  comme la Roumanie, l’Espagne, la Grèce, la Pologne et la France. Une collègue Turque m’a un jour expliqué qu’à son avis les pays où les salaires étaient historiquement modestes (ce qui inclus la France, l’Italie et la Grande-Bretagne), attirent moins d’hommes en physique et du coup les femmes y sont plus facilement acceptées.

Par exemple en Ukraine, une étude a démontré que lorsque les salaires en informatique ont commencé à péricliter, moins d’hommes étaient attirés et le pourcentage de femmes s’est accru proportionnellement. Au contraire, là où les salaires sont plus élevés comme au Japon, en Allemagne, aux Etats-Unis ou en Suisse, la fraction de femme était nettement plus basse. Heureusement, cette tendance a nettement diminuée dans ATLAS depuis 2008.

La proportion de femmes augmente donc de façon très encourageante. Mais est-ce que les femmes sont traitées de façon égalitaire ? Oui, du moins pour ATLAS, si on juge par la fraction des postes élus où on retrouve non seulement les femmes en grand nombre mais aussi dans tous les types de positions, autant les tâches de physique que les postes décisionnels. De 2008 à 2012, 19.2% de tous les postes ont été attribués à des femmes alors qu’elles sont 19.9% de la collaboration.

La situation est en fait beaucoup plus balancée qu’elle ne l’était entre 2000-2008 comme le montre le graphe suivant. Ces chiffres sont d’autant plus éloquents que ces postes sont en général attribués aux membres plus âgés et expérimentés, là où il y a moins de femmes dans ATLAS. Par exemple, Fabiola Gianotti a été la porte-parole d’ATLAS pendant les quatre dernières années, la première femme à atteindre la plus haute marche dans une grande expérience de physique des particules. Seule Young-Kee Kim avait précédemment été nommée co-porte-parole dans l’expérience CDF.

Alors que la situation des physiciennes d’ATLAS s’améliore sur tous les fronts, une étude lancée à l’échelle mondiale et touchant 15000 physiciens et physiciennes a révélé qu’il existe encore et toujours une grande disparité au niveau des opportunités entre physiciens et physiciennes. L’enquête a montré que les femmes sont moins souvent conférencières invitées que leurs collègues masculins. Elles ont moins la chance de travailler à l’étranger, moins de ressources (subventions, espace de bureau, personnel etc.) et moins d’étudiant-e-s à superviser. Elles participent moins aux différents comités (organisation de conférences,  revues de thèses, comités décisionnels). Cette différence était observée tant dans les pays en voie de développement que dans les pays très développés. L’écart des réponses était aussi statistiquement très significatif.

Est-ce que cette disparité pourrait disparaître si plus de femmes continuent à venir grossir les rangs des scientifiques ? C’est facilement envisageable. Il vaut donc la peine de se pencher sur ce qui peut attirer plus de femmes en physique.

Des chercheur-e-s de l’équipe PRiSE ont montré que les étudiants, tant hommes que femmes, ont besoin d’une forte « identité scientifique » pour entreprendre des études en physique. Si la personne se sent bonne en physique, si ses ami-e-s, sa famille et ses professeur-e-s l’encouragent, il ou elle aura d’autant plus envie de se lancer en physique.

Plusieurs activités scolaires aident aussi à renforcer cette « identité scientifique » comme discuter des sujets d’actualité en physique, être encouragé à poser des questions et pouvoir servir de tuteur à d’autres élèves.

De toutes les initiatives utilisées pour encourager les jeunes femmes à étudier en physique, comme parler des accomplissements de physiciennes, donner un modèle ou rencontrer des  physiciennes, selon cette étude, la seule qui s’avère avoir un impact net est le fait d’amorcer une discussion sur pourquoi il y a moins de femme en science. Ce genre de discussion renforcirait l’identité scientifique des filles sans affecter celle des garçons. Cette conclusion est contestée par plusieurs physiciennes pour qui le fait d’avoir eu un modèle à suivre avait grandement influencé leur choix de carrière.

Alors voilà, juste au cas où : j’en parle ! Espérons que les jeunes femmes vont continuer à embrasser une carrière en physique et que leur présence contribuera a établir l’égalité en nombre et en opportunités. Pour reprendre une phrase de Maureen Reagan, je crois sincèrement qu’on aura atteint l’égalité le jour où une parfaite incompétente sera élue à un poste clé.

Pauline Gagnon

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