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CNRS-IN2P3 | Paris | France

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Petite chronique d’un prof au CERN (V)

Wednesday, June 5th, 2013


À l’occasion de l’ouverture de l’appel à candidature 2013 de “Sciences à l’Ecole” pour l’accueil d’enseignants français au CERN durant une semaine, nous publions ces jours-ci le journal quotidien plein d’humour de Jocelyn Etienne qui a suivi ce programme l’année dernière, au mois de novembre dernier.

 

La visite s’accélère !
Jeudi 08 novembre 2012

Un élément d’un accélérateur (je ne sais plus lequel).

Un élément d’un accélérateur (je ne sais plus lequel).

La journée commence par une citation de notre collègue Joseph : « si tu veux pas entendre parler de protons, va à Conforama ! » Notre guide ce matin s’appelle François. Il est belge et ingénieur en informatique. Il nous présente le site LINAC-LEIR où l’on trouve tous ce qu’il faut pour préparer les noyaux que l’on va injecter ensuite dans les différents accélérateurs. Il porte un détecteur de radioactivité pour mesurer les doses qu’il reçoit dans une journée. D’ailleurs, il y a des détecteurs de radioactivité à l’entrée et à la sortie du CERN, et gare à celui qui a subi une injection de radio-isotopes pour une analyse médicale, il va sonner aux portiques pendant une semaine (c’est déjà arrivé). Sinon, en cas de problème, faire le 74444 (les pompiers).

Mario Campanelli est un physicien italien qui travaille sur le projet ATLAS (après le Tevatron aux USA, Gran Sasso en Italie…), ce n’est pas une tablette tactile même géante qui va lui faire peur !

Mario Campanelli et sa  tablette tactile géante.

Mario Campanelli est un physicien italien qui travaille sur le projet ATLAS (après le Tevatron aux USA, Gran Sasso en Italie…), ce n’est pas une tablette tactile même géante qui va lui faire peur.

DSC04253Il nous montre une représentation quasiment en temps réel des informations qui circulent  sur le réseau de calcul du CERN à travers le monde. Il s’agit du GRID, sorte de WEB des logiciels, un partage réseau mondial dont on voit un bout à droite, nécessaire pour traiter les milliards de données qu’engendrent les collisions de particules dans le LHC (sous linux toujours).

On appelle ce lieu le CCC : le Centre de Contrôle du CERN. On voit les personnels à travers une vitre mais la plupart ne contrôle rien à l’instant car un apéro est organisé pour fêter les objectifs de puissance atteints. Tout est prétexte pour ne plus mettre un coup de rame hein ?!

On appelle ce lieu le CCC : le Centre de Contrôle du CERN. On voit les personnels à travers une vitre mais la plupart ne contrôle rien à l’instant car un apéro est organisé pour fêter les objectifs de puissance atteints. Tout est prétexte pour faire la fête hein ?!

A 11h, petite pause conférence (Solène Chevalier-Théry de Sciences à l’école puis Morgan Piezel professeur, pour l’exploitation de ce stage dans nos lycées) dans la salle où a été annoncée la découverte du Higgs, ou en tout cas, quelque chose qui s’en rapproche. Les physiciens que nous rencontrons espèrent d’ailleurs que ce n’est pas exactement le boson prévu par le Modèle Standard, car alors… ça serait trop simple.

DSC04278
La soirée se termine avec une partie de quarks poker, un jeu inventé par le physicien retraité Patrick Roudeau. En comprendre les règles fut un des exercices les plus difficiles de la semaine.

À suivre…

Jocelyn Etienne est enseignant au lycée Feuillade de la ville de Lunel.

Pour soumettre sa candidature pour la prochaine session du stage au CERN, c’est par ici.


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Petite chronique d’un prof au CERN (IV)

Wednesday, May 29th, 2013


À l’occasion de l’ouverture de l’appel à candidature 2013 de “Sciences à l’Ecole” pour l’accueil d’enseignants français au CERN durant une semaine, nous publions ces jours-ci le journal quotidien plein d’humour de Jocelyn Etienne qui a suivi ce programme l’année dernière, au mois de novembre dernier.

 

Dans les cavernes des géants
Mercredi 07 novembre 2012

La matinée est animée par un physicien autrichien guide alpin hyperactif dont je n’ai pas saisi le nom mais que je devrais pouvoir retrouver avant la fin du séjour dans un lieu où même le boson de Higgs est détectable (edit : Michael Hoch en fait). Il nous amène voir les sites où se trouvent deux gigantesques détecteurs de particules, CMS et ATLAS, placés à l’endroit où les faisceaux de protons du LHC se rencontrent.

Avant cela, rapide visite dans un site où un bout du LHC est exposé. On y voit les deux conduits dans lesquels les faisceaux de protons circulent quasiment à la vitesse de la lumière, et dans des sens opposés.

DSC04163Quatre fois sur les 27 km, ces 2 tuyaux se croisent pour causer les collisions qui sont analysées par CMS et ATLAS (mais aussi LHCb et ALICE). Le module sur lequel je m’appuie sur la photo comporte aussi des électroaimants supraconducteurs refroidis à -271°C par de l’hélium liquide. Les aimants servent plus ou moins à diriger et comprimer le faisceau, son accélération se faisant en d’autres points à l’aide de champ électrique haute fréquence. Mais tout ça ne peut-être vu en fonctionnement car cela se situe à 100 m sous terre et de plus, les radiations émises pourraient nuire à mon cuir chevelu.

DSC04181

À CMS, c’est le physicien Jean Fay qui nous fait visiter les locaux avec grandes compétence et gentillesse. Bien que l’on ne puisse pas approcher le détecteur (mais l’affiche de la photo donne une idée de sa taille), une salle de contrôle de la bestiole nous est accessible.

DSC04169_CMSLe système d’exploitation est linux car les pannes windows sont à proscrire… C’est le monsieur qui me l’a dit. Je résume sa pensée : « Vindoze, c’est bon pour les présentations poveurpoïnt, et encore… »

Attends, je dois vérifier un truc… non, c’est bon en fait !

Attends, je dois vérifier un truc… non, c’est bon en fait !

Vite, il nous faut retourner vers ATLAS. Il se situe en fait vers le CERN, alors que CMS est diamétralement opposé, et en France si j’ai bien tout compris.

C’est un physicien retraité à l’esprit vif comme un neutrino qui nous guide : Klaus Bätzner. Le site ATLAS est plus orienté vers le public car il est proche du CERN et sans doute plus accessible. Une salle de projection 3D est mise à notre disposition. Équipés de lunettes et d’un casque, la vidéo qu’on nous présente est impressionnante.

La salle de contrôle est pleine de grands écrans, de petits écrans, de claviers, et de gens qui regardent des écrans tout en pianotant sur les claviers. Ils sont comme dans un aquarium et on peut les observer sans trop interférer avec leur comportement. :)

Après le déjeuner avalé en vitesse, direction la salle du conseil pour écouter l’excellent Fabrice Piquemal du CNRS nous parler des neutrinos. Ça tombe bien, les détecteurs précédents ne font qu’extrapoler la présence de neutrinos lors d’une collision, par calcul de l’énergie manquante. Les neutrinos ont la fâcheuse tendance à traverser la matière comme qui rigole, et ne vont pas plus vite que la lumière contrairement à une idée faussement répandue.

Le soir, nous nous retrouvons à Genève après avoir sagement suivi la ligne 14. Le dîner se déroule dans un restaurant où des musiciens jouent avec tout ce qui leur passe sous la main : scie, cuillère, cloche, parfois même des instruments de musique à condition qu’ils fassent plus de 3 mètres. Exténué, retour vers 23 h au CERN.

 

À suivre…

Jocelyn Etienne est enseignant au lycée Feuillade de la ville de Lunel.

Pour soumettre sa candidature pour la prochaine session du stage au CERN, c’est par ici.


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Petite chronique d’un prof au CERN (III)

Monday, May 13th, 2013


A l’occasion de l’ouverture de l’appel à candidature 2013 de “Sciences à l’Ecole” pour l’accueil d’enseignants français au CERN durant une semaine, nous publions ces jours-ci le journal quotidien plein d’humour de Jocelyn Etienne qui a suivi ce programme l’année dernière, au mois de novembre dernier.

 

Chambre à brouillard: la chasse aux particules commence !
Mardi 06 novembre 2012

Aujourd’hui, construction d’une chambre à brouillard, alors que le Soleil décide enfin à se montrer ! C’est l’écossais Wilson qui en a inventé le procédé en 1911 (avant de recevoir le Nobel en 1927) pour détecter la trajectoire des particules. Pour nous, de la carboglace, un peu d’isopropanol et de bricolage, et l’on voit des muons issus de particules cosmiques laisser une trace de leur passage.Oulala! (Vue en vidéo d’un muon grâce à la chambre à brouillard)
Mick Storr en pleine explication

On a beau être dans un des plus grands centre de recherche fondamentale du monde, rien de vaut un tableau noir et une craie (cette dernière difficile à trouver par ici parait-il).

 

Les conférences du jour :

David Rousseau (IN2P3 / LAL-Orsay) nous confirme la découverte presque peut-être sûre du boson de Higgs, en tout cas, si c’est pas lui, c’est quand même quelque chose. Il travaille sur le détecteur ATLAS, il doit savoir de quoi il parle. Il y a des détecteurs sur le LHC, comme ATLAS et CMS  et chacun est un monstre de technologie et de compétences, et tous deux confirment indépendamment la détection du Higgs (c’est comme ça qu’on dit).

Julien Lesgourgues (Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne) nous parle de la courbure de l’espace qui en fait est plat, à moins que ce ne soit l’inverse, mais j’arrive un quart d’heure en retard…

Sylvie Rosier-Lees du CNRS/IN2P3 au laboratoire d’Annecy, s’occupe du détecteur spatial AMS (spectromètre magnétique Alpha ndlr), accroché à l’ISS. AMS s’occupe des particules cosmiques, et il y en a qui viennent de très loin ! (ici: les dernières new d’AMS ndlr).

Crédit: Jocelyn Etienne.

A droite, la personne semblait coder un programme pour un traitement graphique de données, mais il basculait souvent sur son compte facebook… tsss tsss tsss… Pour les connaisseurs, son portable est sous Xubuntu.

Enfin, Corinne Berat du CNRS/IN2P3 au laboratoire de Grenoble a plus les pieds sur Terre. Son joujou se trouve en Argentine et détecte les rayons cosmiques (encore) qui arrivent au sol après avoir éclaboussé l’atmosphère d’une multitude de particules (des gerbes…). L’observatoire Pierre Auger recouvre quelque chose comme 3000 km² et se délecte des particules de haute énergie provenant peut être de collisions de galaxies ou de supernovae.

Après le repas du soir, je me rends à une conférence dans le cadre de « The 4th International Conference on Particle and Fundamental Physics in Space ». Aujourd’hui, William H. Gerstenmaier de la NASA qui nous présente in English, les recherches faites sur l’ISS. La vidéo finale (un film qui compile les plus belles vues de la Terre prises de la station) est absolument sublime.

 

 

Earth from Michael König – Même ceux qui ont bossé sur leur ordinateur (occupés à coder ou traiter les informations du LHC) toute la durée de la présentation sans écouter un mot du conférencier, stoppent leur activité pour regarder le film. on Vimeo.

A suivre…

Jocelyn Etienne est enseignant au lycée Feuillade de la ville de Lunel.

Pour soumettre sa candidature pour la prochaine session du stage au CERN, c’est par ici.


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Petite chronique d’un prof au CERN (II)

Thursday, May 2nd, 2013


A l’occasion de l’ouverture de l’appel à candidature 2013 de “Sciences à l’Ecole” pour l’accueil d’enseignants français au CERN durant une semaine, nous publions ces jours-ci le journal quotidien plein d’humour de Jocelyn Etienne qui a suivi ce programme l’année dernière, au mois de novembre dernier.


Immersion au pays des particules
Lundi 05 novembre 2012

Crédit: Jocelyn Etienne

C’est moi ou la pièce de 5 francs est énorme ?

Grosse journée, petit déjeuner au restaurant du CERN, bon café, tartine beurrée confiturée pour 1 franc suisse ! A tester. Tiens d’ailleurs, c’est moi ou la pièce de 5 francs est énorme ?

Crédit: Jocelyn Etienne

L’hôtel-foyer du CERN

Il ne pleut pas ce matin (ça ne va pas durer, la promenade post-déjeuner s’est faite sous la pluie) alors j’en profite pour prendre une photo de l’hôtel-foyer qui m’héberge. C’est une des fenêtres du 1er étage derrière laquelle se trouve ma chambre, mais inutile de zoomer pour chercher à m’apercevoir. Qui prend la photo à votre avis ?

Crédit: Jocelyn Etienne

Daniel Denegri aurait peut-être vu le boson de Higgs…

Après une première présentation de l’in2p3 par Arnaud Marsollier, suivi de Mick Storr pour le CERN, c’est Daniel Denegri qui nous présente l’expérience CMS, incroyable projet de détection de particule qui s’étend sur 20 ans. Denegri lui-même est un brillant chercheur croate qui parle parfaitement le français, l’anglais entre autres, il aurait peut-être vu le boson de Higgs qui semble plus facile à détecter que son bras droit, tellement le bonhomme est énergique. L’après-midi, c’est au tour de Simone Gilardoni, théoricien des « accélérateurs collisionneurs » de nous montrer que les prouesses nécessaires pour maintenir un faisceau de protons dans un tube de 27 km de long, ne sont pas à la portée des bricoleurs du dimanche. Ou devrais-je dire 2 faisceaux dans 2 tubes qui se croisent de temps en temps ?…

Crédit: Jocelyn Etienne

Simone Gilardoni, théoricien des “accélérateurs collisionneurs”

Le petit point visible derrière Simone est visible ici en direct, si le LHC n’est pas à l’arrêt. Il y en a même deux, comme je l’ai dit précédemment ; nos deux faisceaux de protons dont on contrôle l’état notamment par des miroirs qui renvoient le rayonnement qu’il diffuse… enfin, c’est ce que j’ai compris…

D’ailleurs le LHC va bientôt être arrêté pour quelques mois (il est actuellement arrêté, ndlr, voir ici pourquoi en vidéo). J’espère que ce n’est pas lié à ce bouton sur lequel j’ai appuyé en pensant que c’était l’éclairage de ma salle de bains. Il reprendra ensuite de plus belle pour tenter d’atteindre les 13-14 TeV contre 7 TeV actuellement. Je sais, ça fait beaucoup…

L’après –midi se poursuit par une présentation des masterclasses par Nicolas Arnaud, chercheur à Orsay et organisateur de notre French Teacher Programme au CERN. Puis il nous initie à la détection de particules à l’aide d’un logiciel et de vraies mesures.

Atelier “masterclasses”: J’ai trouvé les W qui se désintègrent, donc j’ai le droit de prendre une photo de mes collègues en plein effort.

Pour finir, je me rends à une conférence tardive sur les sondes Voyager 1 et 2 donnée par Edward Stone, responsable scientifique de ces sondes depuis 1972.

Sur le chemin, j’immortalise la version suisse du principe de superposition d’état, ou comment un vélo peut être en deux endroits différents au même moment…

A suivre…

Jocelyn Etienne est enseignant au lycée Feuillade de la ville de Lunel.

Pour soumettre sa candidature pour la prochaine session du stage au CERN, c’est par ici.

Crédit: Jocelym Etienne

Principe de superposition d’état…

Crédit: Jocelyn Etienne

…ou comment un vélo peut être en deux endroits au même moment !

 

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Petite chronique d’un prof au CERN (I)

Tuesday, April 23rd, 2013


A l’occasion de l’ouverture de l’appel à candidature 2013 de “Sciences à l’Ecole” pour l’accueil d’enseignants français au CERN durant une semaine, nous publions ces jours-ci le journal quotidien plein d’humour de Jocelyn Etienne qui a suivi ce programme l’année dernière, au mois de novembre dernier.


Bienvenue en Suisse !
Dimanche 04 novembre 2012

Credit: Jocelyn Etienne

C'est la classe !

Départ de Beaulieu (34) vers 12h30, arrivée au CERN à Genève vers 17h30. Une heure de plus que prévu à cause du voyant d’huile du véhicule qui s’éclaire et qui m’oblige à faire un arrêt supplémentaire pour trouver de l’huile, mais surtout par la faute d’une météo exécrable, une pluie dense qui force à rouler au pas sur l’autoroute. J’évite la taxe autoroutière suisse exorbitante, mais ensuite, le GPS tient absolument à me faire pénétrer dans la CERN par une porte dérobée alors que l’entrée B m’a été chaudement recommandée.

A l’accueil de l’hôtel, on me fournit un laisser-passer et le badge qui permet d’accéder à ma chambre (n°122, première étage, bât. 41), au parking etc… C’est la classe !

Credit: Jocelyn Etienne

L'argent local a la particularité d'être très coloré

Dans le couloir, je croise Nicolas Arnaud de l’IN2P3, principal organisateur du stage. Rendez-vous au restaurant, pile poil à l’heure dite (je dois avoir du sang suisse dans les veines).

En attendant les retardataires, je vais retirer de l’argent local qui a la particularité d’être très coloré (Arthur Honegger et Le Corbusier ne diront pas le contraire). Mon beau billet vert de 50 francs n’est pas sur la photo, je l’ai transformé en frites, veau et endives entre 19 h et 20 h.

Crédit: Jocelyn Etienne

Une salle de conférences qui a sans doute vu passer nombre de brillants chercheurs...

Avant le repas, Mick Storr, autre GO du CERN, nous fait alors visiter le « main building » dans lequel on peut croiser des prix Nobel si on a de la chance.

Dans un couloir, on entend presque les cerveaux qui crépitent (bon, pas trop un dimanche soir quand même, bien que la bibliothèque soit ouverte 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 tout l’année), d’autant que c’était derrière l’une de ces portes que le web (attention, le web ! pas internet…) a été conçu.

Enfin, on a l’honneur de s’installer dans une salle de conférences rénovée qui sans doute vu passer nombre de brillants chercheurs faisant résonner les murs de non moins brillants exposés.

Puis retour dans ma chambre où je constate que la propreté et l’ordre suisse ne sont pas des clichés…

A suivre…

Jocelyn Etienne est enseignant au lycée Feuillade de la ville de Lunel.

Pour soumettre sa candidature pour la prochaine session du stage au CERN, c’est par ici.

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Expérience de taille à Dubna !

Wednesday, February 20th, 2013

Les 15 et 16 janvier derniers nous fêtions le 40ème anniversaire des accords bilatéraux de l’IN2P3 et du JINR de Dubna, l’occasion pour nous d’évoquer un épisode de cette longue collaboration.

Les physiciens savent se montrer pragmatiques lorsqu’ils font face à un problème inattendu, particulièrement en URSS dans les années 1970… Catherine Thibault, chercheuse au CSNSM d’Orsay (Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse), nous raconte un épisode de recherche qui le démontre brillamment !

Départ du CSNSM - ©CSNSM

Départ du CSNSM - ©CSNSM

En 1974, dans le cadre de l’étude de la fission nucléaire, une équipe du CSNSM dirigée par Robert Klapisch (le papa de Cédric oui !) voulait mesurer la production des différents isotopes de rubidium et césium produits lors de la fission de l’uranium 238 par des ions lourds. Les expériences eurent lieu à Dubna, au JINR, l’équivalent du Cern pour les pays de l’Est. Dans un premier temps, il a fallu acheminer tout le matériel, dont un ordinateur américain (PDP), ce qui nécessitait une autorisation d’exportation temporaire en URSS (pour seulement 8 ko de mémoire !), que nous avons pu obtenir.

La partie principale était un spectromètre de masse permettant de séparer en quelques centaines de millisecondes les différents isotopes de rubidium ou de césium produits par la fission d’une cible. Ceci permettait de mesurer leurs différents taux de production.

Arrivée à Dubna -

Arrivée à Dubna - ©CSNSM

Bien que le spectromètre contenant la cible ait été positionné avec le plus grand soin, aucun signal n’était observé… jusqu’à ce qu’une cible de rechange placée quelques centimètres au-dessous de la cible-source ait été trouvée détruite par le faisceau ! Nous devions donc baisser le spectromètre de quelques centimètres ce qui posait un problème de taille puisque ce dernier était déjà réglé à son minimum de hauteur. « Qu’à cela ne tienne, ont alors dit les collaborateurs russes, nous allons abaisser le sol ! ». Chose dite, chose faite avec une remarquable efficacité… C’est au marteau piqueur que l’on a attaqué le sol de béton !

L’expérience a ensuite très bien fonctionné… Et les données obtenues analysées puis publiées, ont servi de base à une thèse. Qui a dit que les chercheurs étaient de doux rêveurs ?

– anecdote fournie par le Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM), unité mixte de recherche du CNRS/IN2P3 et de l’Université Paris Sud, dans le cadre des 40 ans du CNRS/IN2P3.

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Toshiko Yuasa : la “Marie Curie” japonaise (1909-1980)

Friday, January 18th, 2013

Cette histoire, à cheval entre le LAL (Laboratoire de l’accélérateur linéaire) et l’IPNO (Institut de physique nucléaire d’Orsay), nous retrace le parcours admirable de cette physicienne qui œuvra avec force pour promouvoir les relations entre la France et le Japon.

En 1939, partir travailler à l’étranger était loin d’être évident pour un scientifique Japonais, d’autant plus si ce scientifique était une femme.         C’est pourtant ce que fit Toshiko Yuasa, que l’on connaît aussi comme la première physicienne Japonaise. C’est en France, au collège de France, sous la direction du professeur Frédéric Joliot-Curie, qu’elle commença ses recherches. Avec l’arrivée de la guerre, la physicienne dut quitter à regret la France, mais non sans se faire confier du matériel par ses collègues français, ce qui lui permit de poursuivre ses travaux. Une fois la guerre passée, c’est avec une certaine hâte qu’elle retourna en France, au CNRS, à l’IPNO, pour y mener 30 ans de carrière. Durant cette carrière et cette vie, elle œuvra remarquablement pour promouvoir les échanges culturels et scientifiques entre la France et le Japon.

Toshiko Yuasa sur le toit du Collège de France - 1941 - © Institut for Gender Studies, Ochanomizu University

Toshiko Yuasa sur le toit du Collège de France - 1941 - © Institut for Gender Studies, Ochanomizu University

Cette figure de l’IPNO a marqué les esprits, par son caractère et en tant que symbole d’une coopération entre la France et le Japon. En 2008, à l’occasion des 150 ans des relations France-Japon, l’IN2P3 a organisé, une cérémonie en sa mémoire, au siège du CNRS. La même année, son nom été attribué au LIA (Laboratoire international associé) Franco-Japonais FJ-PPL. Et enfin, au Japon, à l’université Ochanomizu dont elle était issue, une cérémonie équivalente eut lieu et 2 timbres furent édités en son honneur.

En 2008 la post-doctorante japonaise qui avait organisé les 2 cérémonies, et qui provient de la même université japonaise que Toshiko Yuasa, s’est vue attribuer un poste CNRS au LAL, bouclant ainsi la boucle d’une jolie histoire entre la France et le Japon.

Pour en savoir plus sur cette histoire une biographie de Toshiko Yuasa est disponible ici.

– anecdote fournie par le Laboratoire de l’Accélérateur Linéaire (LAL), unité mixte de recherche du CNRS/IN2P3 et de l’Université Paris Sud, dans le cadre des 40 ans de l’IN2P3.

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De la recherche fondamentale à l’authentification du vin !

Friday, November 16th, 2012

Le BEAUJOLAIS NOUVEAU est arrivé ! Le moment ne saurait être mieux choisi pour partager cette anecdote…

Au Centre d’études nucléaires de Bordeaux Gradignan (CENBG), les chercheurs tentent de comprendre ce qui nous constitue et nous entoure : le noyau atomique, l’Univers… Pourtant, ils interviennent aussi en tant qu’experts pour authentifier des grands vins ! Comment ce glissement de la recherche fondamentale à une application aussi concrète s’est-il produit ? Philippe Hubert, chercheur au CENBG, nous raconte…

« C’était en 2000, nous étions spécialisés dans la mesure de très faibles niveaux de radioactivité pour la recherche fondamentale. Le service de la répression des fraudes de Bordeaux possédait un détecteur semblable aux nôtres. Je m’y étais donc rendu afin d’en découvrir l’utilisation. Au cours de la conversation avec le directeur, nous nous demandions alors si des mesures de radioactivité dans un vin ne permettraient pas de le dater et de l’authentifier. Ainsi, j’entrepris d’effectuer des mesures pour connaître dans un premier temps quel type de radioactivité pouvait exister dans le vin. Nous ne savions pas du tout ce que nous y trouverions… Après trois mesures sur des millésimes différents, nous constatâmes qu’un noyau radioactif apparaissait et que sa teneur variait en fonction de l’année : le césium 137. Issu des essais nucléaires effectués dans les années 50-70 et de Tchernobyl, le césium 137 s’est déposé sur les grains de raisin et s’est retrouvé dans le vin. Étant donné que sa période de (demi) vie est de 30 ans, il ne peut exister dans la nature, sauf par suite des activités humaines.

Courbe de référence, établie par le CENBG, montrant l’évolution du taux de césium 137 dans le vin de 1950 à nos jours. ©CENBG

Nous venions ainsi de découvrir une méthode permettant de dater et d’authentifier le vin sans avoir besoin d’en ouvrir les bouteilles. L’intérêt s’est révélé important pour les bouteilles anciennes des grands crus « millésimés » : toute bouteille antérieure à 1950 qui contient du césium 137 est nécessairement fausse !

Bouteille de vin sur un détecteur de très basses radioactivités du CENBG. ©CENBG/O. Got

Notre première application porta sur un lot de bouteilles millésimées 1900 mises en vente l’année 2000. Il paraissait impossible d’avoir autant de bouteilles de cette période sur le marché. L’affaire est passée devant le juge qui se demandait comment prouver l’authenticité de ces bouteilles. On nous a alors demandé de mesurer le niveau de césium 137 d’une de ces bouteilles. Il n’a pas fallu plus de 10 minutes pour se rendre compte qu’elle était fausse : nous avons vu grimper le pic de césium sous nos yeux.

Et pour la petite histoire :

Il y a 3 ans, j’ai été contacté par un grand collectionneur de vin, très intéressé par une bouteille Yquem 1811 mise en vente aux enchères. Considéré comme unique, ce vin l’intéressait beaucoup car en 1811 une comète était passée et le vin de cette année là est, paraît-il, exceptionnel. En plus du millésime 1811, un coffret de trois « Château Yquem » 1800, 1900 et 2000 était proposé.

En regardant les photos des bouteilles, je me suis dit : Ce n’est pas possible, la forme de ces bouteilles n’existait pas encore en 1800 et 1811, il est donc impossible qu’il s’agisse d’authentiques Yquem 1800 et 1811 ! Comme il était trop tard pour annuler la vente, le commissaire priseur a mis les bouteilles aux enchères sous réserve d’une authentification par notre laboratoire. Les deux lots ont été vendus : l’Yquem 1811 à 40 000€, et le coffret à 60 000€.

Mais après la vente, on s’est aperçu que l’acheteur n’était autre que le propriétaire-vendeur ! La peur de l’expertise l’a conduit à racheter ses propres bouteilles. Inutile de préciser que la vente de ces bouteilles frauduleuses a finalement été annulée. Comme quoi, ce n’est plus la peine de faire des mesures, il suffit de dire qu’on va faire une expertise ! »

– anecdote fournie par le Centre d’études nucléaires de Bordeaux Gradignan (CENBG), unité mixte de recherche du CNRS/IN2P3 et de l’Université Bordeaux 1, dans le cadre des 40 ans de l’IN2P3.

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Le Centre de Calcul de l’IN2P3 a inauguré son Musée de l’informatique !

Wednesday, November 7th, 2012

L’idée est née il y a quatre ans lors de la première édition du Festival Particule.com. Certains ingénieurs du CC-IN2P3 (Centre de Calcul de l’IN2P3), avec à leur tête Fabien Wernli, avaient envie de présenter d’anciens matériels informatiques aux collégiens et lycéens, de leur montrer l’évolution de l’informatique, quitte à passer pour de vrais ringards en parlant de minitels et de cartes perforées à ces accros aux iPhone et autres tablettes intelligentes.

Il y a quatre ans donc, a rapidement été organisée une exposition au rez-de-jardin du Centre, nous avons récupéré du matériel qui traînait sur des étagères poussiéreuses et demandé un coup de main à l’association Aconit (Association pour un COnservatoire de l’Informatique et de la Télématique). Cette exposition connut un vif succès auprès des élèves et de leurs professeurs, ainsi que du grand public.

Fort de ce succès, l’idée a été reprise, retravaillée. Après tout, pourquoi ne pas organiser une exposition permanente au sein du CC-IN2P3 ? Comment montrer l’évolution fulgurante de l’informatique ? Comment expliquer les concepts de base sans donner la migraine aux visiteurs ? mais aussi comment expliquer que les physiciens ont souvent été à l’avant-garde de certains développements, comme le web ?

L’idée a mûri, les équipes ont travaillé ensemble pour imaginer un projet qui permette de présenter l’informatique de manière ludique, interactive et de rappeler comment la physique a utilisé ces nouvelles technologies ces quarante dernières années.

C’est ainsi qu’est né le Musée de l’informatique du CC-IN2P3, qui sera officiellement inauguré le jeudi 11 octobre, en même temps que le lancement de la Fête de la Science dans le Rhône.

Cofinancé par la Région, le Musée de l’informatique du CC-IN2P3 a été présenté aux établissements scolaires en avant-première lors de la 2e édition du Festival Particule.com les 11 et 12 octobre, puis tout au long de l’année. Les élèves ont pu y découvrir l’évolution du matériel informatique à travers des vitrines, des vidéos, des jeux et des animations.

Le CC-IN2P3 remercie les personnes qui ont répondu à notre appel et nous ont envoyé du matériel.

PS : notez que le Musée de l’informatique a déjà sa première fan

- Article envoyé par Gaëlle SHIFRIN du Centre de Calcul de l’IN2P3 -

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L’irruption des supraconducteurs à haute température critique

Monday, October 1st, 2012

Le Centre de spectrométrie nucléaire et de spectrométrie de masse (CSNSM) connut une période d’excitation intense lorsque les premiers supraconducteurs à haute température critique virent le jour : entre essais infructueux et recettes magiques, Louis Dumoulin chercheur au CSNSM nous raconte cet épisode aux accents mystérieux :

Cette année 1987, le CSNSM se lançait dans la construction de l’accélérateur d’ions Aramis. Un petit groupe d’étude composé d’Harry Bernas, Jacques Chaumont et Jérôme Lesueur partit en mission aux États-Unis pour visiter les réalisations existantes de ce type d’accélérateurs. Ils passèrent notamment par les prestigieux Bell Labs.

Lorsqu’ils revinrent, ils avaient les yeux brillants et un air bizarre. Ils parlaient entre eux de manière sibylline et entendue… mais pas de faisceaux d’ions ! Ils finirent alors par nous expliquer : “Il régnait aux Bell Labs une atmosphère étrange. Les gens étaient tous très occupés et se déplaçaient furtivement. Souvent on pouvait voir des chercheurs connus ayant délaissé leurs pupitres “high tech” pour écraser minutieusement une poudre noire au pilon dans des mortiers. Même des théoriciens étaient atteints !”. Grâce à l’amitié entre Harry et Bob Dynes, directeur du département, nos trois missionnaires furent mis dans le secret : on venait de découvrir un matériau supraconducteur à 92 K, c’est-à-dire 15 K au dessus de la température d’ébullition de l’azote liquide, le Graal de tous les physiciens du domaine, une bombe scientifique et technologique… mais encore non publiée.

Nous nous précipitons sur la recette griffonnée sur un carnet. C’est incroyablement simple ! Il faut faire un mélange intime, noir en l’occurrence, de trois composés d’yttrium, de baryum et de cuivre, le fritter par pression et recuire à 800° C sous oxygène. Les ingrédients sont rapidement rassemblés car ils sont courants en chimie. À notre tour nous sommes gagnés par la fièvre de la “poudre noire” et d’aucuns ont dû se demander ce qui était arrivé à l’équipe pour ressortir les pilons et les mortiers.

Pendant plusieurs jours, c’est l’échec. Les échantillons sont plutôt isolants. Désespérés, nous tenons conseil, par hasard sur le parking. Alors passe sur sa vieille moto, venant du Laboratoire de physique des solides et rentrant chez lui, Philippe Monod. Il s’arrête. Très vite nous savons qu’il sait et réciproquement :

- Vous y arrivez ?
- Oui.
- Pas nous !
- Comment faites-vous ?
- Eh bien, après quelques heures à 800°, nous sortons l’échantillon et nous nous précipitons pour le mesurer à l’azote liquide.
- Bon ! Ce soir, vous coupez le four et vous allez vous coucher.

Puis il s’en va en pétaradant… Nous sommes sidérés. Nous sommes dans un laboratoire pluridisciplinaire, nous nous appuyons sur le Modèle standard, la mécanique quantique et même parfois la Relativité générale et nous devons respecter une sorte de pratique magique ? En humbles expérimentateurs, nous nous exécutons. La recette a l’avantage de nous éviter une nuit blanche de plus.

Le lendemain, le nouvel échantillon est monté sur le dispositif de test. Tous les acteurs sont là car chacun sent qu’il va se passer quelque-chose. Il y a même Pierre Lehmann, directeur de l’IN2P3, qui passait pour une autre raison : les grands hommes sont toujours là aux grands moments. Jean Paul Burger met des croix au crayon sur un méchant papier millimétré. Je lui dicte les couples de valeurs résistance-température. 95K… 93K… puis la résistance fléchit, puis elle décroit irrésistiblement -si j’ose dire. À 90K, elle est nulle. C’est l’enthousiasme ! Nous avons réussi ! C’est notre premier échantillon à haute température critique. Sans doute le premier dans un laboratoire de l’IN2P3. Les aimants supraconducteurs des accélérateurs fonctionneront à l’azote liquide, on mettra des panneaux photovoltaïques et des éoliennes dans les déserts où cela ne dérangera personne et on transportera l’énergie sans pertes sur des milliers de Km. Et puis nul ne doute qu’un supraconducteur à la température ambiante est pour demain !

Vingt cinq ans plus tard, les températures critiques plafonnent à 130K, les aimants fonctionnent toujours à l’hélium liquide – le LHC nous le rappelle aujourd’hui -, les panneaux solaires sont sur les toits et les éoliennes… Mais ce jour là nous rêvions : une ère nouvelle s’ouvrait en physique avec des applications fantastiques.

Mais pourquoi fallait-il attendre une nuit avant de tester l’échantillon ? Nous eûmes la réponse un peu plus tard. Le recuit à 800° sous oxygène produit la structure cristalline requise, mais conduit au composé YBa2Cu3O6 qui est isolant. Le septième oxygène indispensable à la supraconductivité ne peut être introduit qu’au-dessous de 400°C avec une cinétique lente. Il faut donc passer du temps dans cette gamme de température, ce qui se fait naturellement au cours du refroidissement du four mais pas lorsqu’on sort brutalement l’échantillon.

Pour les rescapés de cette aventure, notre bien modeste – mais ô Combien réjouissant – succès est toujours associé au passage de Philippe Monod sur sa moto. L’information scientifique prend parfois des chemins imprévisibles.

– anecdote fournie par le Centre de Spectrométrie Nucléaire et de Spectrométrie de Masse (CSNSM), unité mixte de recherche du CNRS/IN2P3 et de l’Université Paris Sud, dans le cadre des 40 ans de l’IN2P3.

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