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De pico à femto

Par ce beau dimanche de Pâques ensoleillé et fleuri, nous sommes seize dans la salle de contrôle à garder un œil sur des dizaines d’écrans, pendant que l’équipe du  Grand Collisionneur de Hadrons, le LHC, pulvérise un record après l’autre.

Ça a été un weekend incroyable, chaque nouveau cycle d’opération générant un son nouveau record. Tout a commencé jeudi soir quand le LHC a brisé le record de luminosité avec 4.67 x 1032cm-2s-1, dépassant du coup celui de 4.024 x 1032cm-2s-1 établi par le Tevatron en 2010.

Notre équipe est en place depuis trois jours, un groupe étonnant déjà par sa simple composition puisque nous venons de Malaisie, Ukraine, Russie, Japon, Canada, USA, Pakistan, Royaume-Uni, Portugal, Italie, Chine et la République Tchèque. Comme je suis cheffe d’équipe, j’ai l’occasion de parler avec tout le monde, ce qui est encore plus intéressant.

Chaque après-midi, en venant prendre notre quart de travail à 15:00, l’équipe précédente se vante d’avoir été en place alors que le LHC établissait un nouveau record que ce soit la plus haute intensité des faisceaux (i.e. le plus grand nombre de protons mis en circulation) ou la plus haute luminosité (le nombre de collisions obtenues par seconde) ou encore le plus gros échantillon de données récoltées dans un cycle d’opération. Heureusement, nous pouvions nous aussi faire de même à 23:00 quand la relève arrivait!

Tous ces records n’auraient pu être atteints si on n’avait pas fait une pause de dix jours pour procéder à un grand récurage. Et depuis, un succès n’attend pas l’autre. Bien sûr, il y a eu quelques couacs, mais rien de sérieux. Il faut tout de même compter trois ou quatre heures pour chaque cycle, c’est-à-dire remplir l’accélérateur de protons, les amener à pleine énergie puis mettre les deux faisceaux en collision. Pendant ce temps, dans les salles de contrôle des quatre grandes expériences utilisant les données du LHC, soit ALICE, ATLAS, CMS et LHCb, nous gardons l’œil pour ne pas perdre une goutte de données. Hier, on a eu le plus fructueux cycle pour l’accumulation de données et récolté 24 picobarn inverse en 16 heures. Bien sûr, pico peut sembler petit puisque cela correspond à un millionième de millionième de barn (grange en anglais), cette drôle d’unité de mesure. Mais il faut comparer avec ce que l’on a collecté en une année entière d’opération, soit 45 picobarn inverse. Et oui, une année avec 15 à 20 personnes en tout temps dans la salle de contrôle et ce pour ATLAS seulement… Pas une mince affaire. Ça fait donc immensément plaisir de voir les données rentrer beaucoup plus vite maintenant.

Au tout début du LHC en 2010, on comptait les données en nanobarn inverse, une unité mille fois plus petite. Et sous peu on devrait commencer à parler en femtobarn inverse, une unité mille fois plus grande! Déjà pour 2011, on a plus du double des données de l’an dernier, y’a de quoi être satisfaite!

Eh bien, pour un weekend de Pâques, c’est réussi! Et c’est sans compter tous les œufs qu’on a trouvé dans la salle de contrôle!

Pauline Gagnon

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