• John
  • Felde
  • University of Maryland
  • USA

Latest Posts

  • USLHC
  • USLHC
  • USA

Latest Posts

  • James
  • Doherty
  • Open University
  • United Kingdom

Latest Posts

  • Andrea
  • Signori
  • Nikhef
  • Netherlands

Latest Posts

  • CERN
  • Geneva
  • Switzerland

Latest Posts

  • Aidan
  • Randle-Conde
  • Université Libre de Bruxelles
  • Belgium

Latest Posts

  • Sally
  • Shaw
  • University College London
  • UK

Latest Posts

  • Richard
  • Ruiz
  • Univ. of Pittsburgh
  • U.S.A.

Latest Posts

  • Laura
  • Gladstone
  • University of Wisconsin, Madison
  • USA

Latest Posts

  • Seth
  • Zenz
  • Imperial College London
  • UK

Latest Posts

  • Michael
  • DuVernois
  • Wisconsin IceCube Particle Astrophysics Center
  • USA

Latest Posts

  • Mandeep
  • Gill

  • Emily
  • Thompson
  • USLHC
  • Switzerland

Latest Posts

  • Ken
  • Bloom
  • USLHC
  • USA

Latest Posts

CERN (Francais) | Geneva | Switzerland

View Blog | Read Bio

Au revoir, faisceaux!

Cette fois, c’est vrai. Le Grand Collisionneur de Hadrons (LHC) cessera pour deux ans de produire des collisions dès demain, 14 février à 6:00 du matin, après une brève extension de trois jours visant à fournir suffisamment de données pour les études d’ions lourds. En un rien de temps, à l’annonce de cette extension, des dizaines de personnes se sont portées volontaires pour opérer les salles de contrôle des expériences et des accélérateurs à la veille de cette longue pause.

J’étais parmi ces personnes, heureuse de pouvoir travailler une dernière fois dans la salle de contrôle d’ATLAS. L’ambiance y est toujours spéciale: c’est là qu’on prend part à la prise des données et par la même occasion, on y rencontre ou apprend à connaître nos collègues qui travaillent ailleurs qu’au  CERN, souvent sur d’autres continents.

Alors nous voilà, neuf personnes venant d’autant de pays différents, chargées d’opérer le détecteur, en plus des expert-e-s qui vont et viennent tout au long de cette avant-dernière période de garde.

Stephanie Zimmermann, une des deux personnes en charge de l’opération du détecteur, admet qu’elle se serait réjouie s’il s’agissait d’une pause de quelques  mois, mais deux années, ce sera long dit-elle. Cependant, Anna Sfyrla, une des expertes sur le système qui décide quels évènements conserver, est ravie de ne plus avoir à assister aux meetings quotidiens six jours sur sept. Par contre, tout le plaisir de la salle de contrôle va lui manquer.

Une autre personne qui a évidemment une opinion sur le sujet, c’est Kerstin Lantzsch. Comme elle vit pratiquement dans la salle de contrôle, on sait toujours où la trouver. Depuis sept mois, elle coordonne les opérations des pixels, le détecteur situé au plus près des faisceaux, et donc le plus vulnérable. Pratiquement chaque fois que le LHC amène de nouveaux faisceaux en collision, c’est-à-dire plusieurs fois par jour,  elle vient à la salle de contrôle pour décider quand il est sécuritaire d’activer ce détecteur. Pas étonnant qu’elle ait hâte de retourner à une vie normale mais elle sait tout de même que l’action va lui manquer.

Giovanna Lehman, une des expertes du système central d’acquisition des données, partage cet avis. Elle doit pouvoir répondre à une variété de questions pointues à toutes heures du jour et de la nuit dès que ça accroche et que la personne de garde ne peut gérer.  Elle aussi rêve déjà de nuits ininterrompues et se réjouie de travailler sur les améliorations prévues au système.

Et puis il y a les occasionnels de la salle de contrôle,  ceux et celles qui comme moi ne viennent que pour prendre leurs quarts de travail. Des gens comme Aungshuman Zaman, étudiant à Stony Brook à New York et Nedaa Asbah, étudiante à l’université de Montréal. Les deux ont déjà pleins de projets : lui, s’impliquer dans les améliorations au détecteur de pixels, elle écrire sa thèse de maîtrise.

Cyril Bécot, étudiant à Orsay près de Paris, utilisera cette pause pour compléter sa thèse de doctorat. Puisqu’il travaille sur les désintégrations du boson de Higgs en deux photons, il a dû travailler sous haute tension durant les derniers six mois. Loin d’être triste, il est tout heureux d’avoir enfin le temps d’approfondir un peu plus son analyse au lieu de constamment courir contre la montre, étant donné la haute priorité de son sujet de recherche.

Même son de cloche chez Anna Lipniacka, professeure à Bergen en Norvège. Bien sur, elle est un peu triste mais tout comme Cyril, elle est bien heureuse d’avoir un peu plus de temps pour bien observer les données et améliorer ses méthodes d’analyse.

Quant à Mansoora Shamim, post-doc à l’université de l’Oregon, elle dit être modérément triste de voir partir les faisceaux pour les mêmes raisons. Elle est bien heureuse d’avoir un peu plus de temps pour se concentrer à sa recherche sur les trous noirs.

Et moi aussi,  je suis triste bien qu’à long terme cela signifie de meilleures chances de faire de nouvelles découvertes. Entre temps, grâce à la dernière bordée de neige, le champagne est au frais afin qu’on puisse porter un toast au LHC à la fin de notre tour de garde.

Pauline Gagnon

Pour être averti-e lors de la parution de nouveaux blogs, suivez-moi sur Twitter: @GagnonPauline ou par e-mail en ajoutant votre nom à cette liste de distribution

 

Share

6 Responses to “Au revoir, faisceaux!”

  1. Jean-Michel Negrello says:

    Chère Pauline,
    Merci de nous faire partager, comme vous le faites depuis plusieurs mois, vos émotions au cœur du LHC. Du coup, vos émotions sont un peu les nôtres et nous avons un peu l’impression d’être à vos côtés, dans la salle de contrôle d’ATLAS….
    Vous nous avez fait partager, grâce à votre blog, cette formidable aventure du Boson de Higgs que nous attendions depuis la mise en service du LHC. Je forme un vœux, à la veille de cette hibernation forcée: que vous continuiez à nous faire partager votre passion pour la physique des particules au travers de votre blog. Continuez à nous donner des nouvelles de cette belle communauté scientifique à laquelle vous appartenez et qui me fait rêver à 48 ans. Je ne suis absolument pas spécialiste de ces questions car je suis avocat d’affaires à Chambéry. Mais je rêve depuis ma plus tendre enfance aux mondes de l’infiniment grand et de l’infiniment petit. Grâce à votre travail et à celui de votre communauté, ces deux mondes se rapprochent chaque jour davantage pour s’unifier peut être dans un proche avenir.
    Merci mille fois pour travail et votre passion et que cette dernière nuit de veille soit belle pour vous. Je trinque à votre santé et à celle de votre équipe.

    Bien cordialement.
    Jean-Michel Negrello

    • CERN (Francais) says:

      Eh bien, un grand merci à vous pour votre soutien et votre gentillesse. Cela me touche beaucoup.
      Ça me fait énormément plaisir de compter des gens comme vous parmi mes lecteurs et lectrices. Votre intérêt pour notre travail nous touche beaucoup et nous stimule aussi. J’espère bien que nous continuerons à être à la hauteur de vos attentes.

      Merci encore, Pauline

  2. Anne Drolet says:

    Chère Pauline,

    Monsieur Jean-Michel Negrello, autre lecteur assidu des compte-rendus des activités au LHC/CERN sous ta plume, rend parfaitement ma propre réaction à ces textes où tu sais rendre familier ce qui est bien évidemment intangible.
    Ici, alors que tu décris ces dernières heures au contrôle d’ATLAS avant un arrêt prolongé, je retiens ta générosité à l’égard de tes collègues. Alors, toute mon admiration à vous tous et j’espère, moi aussi, pouvoir continuer à suivre l’aventure
    par tes textes.
    Meilleures salutations et… bon champagne!
    Anne D.

    • CERN (Francais) says:

      Chère Anne,
      merci de tout coeur pour ton commentaire. C’est vraiment un plaisir d’écrire pour des lectrices et lecteurs comme vous! J’espère réussir dans les mois à venir à maintenir ton intérêt car on ne chômera pas ici! Et puis oui, le champagne était délicieux! Y’a rien comme un beau petit banc de neige pour amener le champagne à la bonne température!
      Pauline

  3. M.C. Pugin says:

    Bonjour Pauline
    Mais oui, tes articles sont toujours passionnants et tres vivants.
    J’ai du rater une info : pourquoi le LHC doit-il s’arreter aussi longtemps?
    Je pensais que c’etait l’outil principal pour aider a vos recherches au CERN…
    Amicalement
    Marie Claude

    • CERN (Francais) says:

      Bonjour Marie-Claude,

      merci pour ton commentaire. Et en effet, t’as bien compris: le LHC est notre outil principal, la source de toutes nos données. Donc pas de LHC, pas d’expériences. Le LHC doit cependant passer par tout un programme de consolidation qui débutera cette semaine. L’idée est de renforcir la machine pour lui permettre de doubler en énergie. En l’état des choses, on sait qu’on ne peut pas pousser la machine jusqu’à sa puissance maximale. On l’a appris d’une bien triste façon en 2008 quand un segment avait plus ou moins sauté. Cela avait entrainer une fermeture de plus d’un an au tout début des opérations. Il faut donc consolider la machine et renforcir des milliers de connexions entre les aimants pour pouvoir passer à plus haute énergie. Plus d’énergie voudra dire plus de chances de trouver des trucs nouveaux. C’est donc un passage obligé. Les expériences en profiteront elles aussi pour se refaire une beauté: améliorations de toutes sortes, réparations des éléments qui sont tombés en panne en cours de route.

      Comme tu vois, on ne chômera pas, au contraire. Tout le monde a un carnet de bal bien rempli: approfondissement des analyses, élaborations de nouvelles méthodes, améliorations des techniques de préparations des données pour rendre les analyses encore plus simples et plus performantes et pleins de travaux sur l’accélérateur et les détecteurs. Les plannings sont déjà très serrés. On a beaucoup à faire. Pour plus de détails, tu peux regarder cet autre blog: http://www.quantumdiaries.org/2013/02/01/que-reserve-2013-pour-le-cern/

      J’espère que ça répond à ta question. Mais même si on doit passer par là, il y avait tout de même beaucoup de nostalgie dans l’air hier soir…

      A bientôt, Pauline

Leave a Reply

Commenting Policy